Alain Supiot: «Des urnes au travail, nous assistons à la sécession des gens ordinaires»

Source : LEFIGARO  ›  Lire l'article original

Pour le professeur émérite au Collège de France, l'abstention aux élections législatives et le désinvestissement au travail peuvent s'analyser comme les deux faces d'une même crise nourrie par le sentiment de dépossession des classes moyennes et populaires. "Dès lors que le gonflement du bas de bilan remplace le projet d'entreprise et que les indicateurs de Maastricht remplacent le projet politique, une perte généralisée du sens affecte à la fois le politique et l'économique .De bonne foi ou par intérêt personnel, nos classes dirigeantes ont pensé que leur mission n'était plus de développer un projet politique propre à notre pays, mais de l'adapter aux contraintes de la globalisation .Le déracinement est plus généralement le fruit de l'idéologie contractualiste, qui tend à pulvériser les sociétés en une collection de monades indifférenciées, animées chacune par le seul calcul de son intérêt. Alain Supiot

Publié le 23 juillet 2022 à 22h44

Société › grand remplacement

Lenouveaujournal.fr utilise des cookies pour améliorer votre expérience et nos services. En poursuivant votre navigation sur le site, vous acceptez l'utilisation de ces derniers. En savoir plusAccepter